Le verdict en appel est tombé ce matin pour Tayeb Louh, ancien ministre de la Justice, jugé dans une affaire de corruption. La Cour d’Alger a réduit sa peine à trois ans de prison, dont deux ans ferme et un an avec sursis, assortie d’une amende de 200 000 dinars et de la confiscation de ses biens saisis.

L’ex-garde des Sceaux était poursuivi pour enrichissement illicite et fausse déclaration de patrimoine, conformément à la loi n°06-01 relative à la lutte contre la corruption. Ce dossier avait été instruit par le juge du pôle pénal économique et financier.

A l’audience du 7 octobre, le procureur général avait requis une peine de six ans de prison ferme. Le Trésor public, de son côté, avait demandé 300 millions de dinars de dommages et intérêts.

Malgré ces réquisitions lourdes, la Cour a opté pour une condamnation allégée, retenant cependant la responsabilité de l’ex-ministre dans l’irrégularité de ses déclarations patrimoniales.

Durant son procès, Tayeb Louh a nié les faits et a tenté de justifier chaque élément mis en cause. Il a expliqué, par exemple, ne pas avoir déclaré un logement à Staoueli en 2017, car celui-ci, acquis via l’OPGI en 2013, n’était pas encore officiellement enregistré. Selon lui, la loi ne permet la déclaration qu’après obtention de l’acte de propriété.

Concernant une villa acquise à Dely Ibrahim pour 10 milliards de centimes, Louh a affirmé l’avoir financée principalement grâce à la vente de son ancien logement pour 8 milliards, complétée par les revenus de son couple.

Il a également mentionné une maison familiale à Maghnia, échangée par la suite contre un autre bien dans la wilaya de Tlemcen, précisant que le terrain d’origine lui avait été attribué par les services domaniaux.

Bien que la peine soit réduite, ce jugement marque un nouveau revers pour l’ancien ministre, autrefois figure influente du système judiciaire algérien. La condamnation, même partiellement avec sursis, et la confiscation de ses biens, constituent une sanction significative dans un contexte de lutte renforcée contre la corruption.


Mahussé