Le climat politique au Cameroun reste tendu, alors que le candidat du Front pour le salut national du Cameroun (FSNC), Issa Tchiroma Bakary, a dénoncé mercredi la « séquestration » de sa représentante régionale à Bafoussam depuis deux jours. Selon lui, elle serait retenue au Palais de justice et soumise à des pressions pour signer un procès-verbal falsifié attribuant la victoire au président sortant Paul Biya. Tchiroma affirme que les « résultats réels et incontestables » le donnent vainqueur avec plus de 80 % des voix et appelle les observateurs et journalistes à se rendre sur place pour constater la situation.

Cette dénonciation survient au lendemain d’un communiqué du ministère de l’Administration territoriale (MINAT), qui qualifie l’attitude du candidat de « comportement irresponsable » et d’« imposture ». Le ministre Atanga Nji Paul accuse Issa Tchiroma de mener une « démarche conspirationniste et anti-républicaine » visant à « perturber le processus électoral » et à « mettre le Cameroun à feu et à sang ».

Le MINAT rappelle que seul le Conseil constitutionnel est habilité à proclamer les résultats du scrutin, conformément à l’article 137 du Code électoral. Selon les observateurs déployés dans les dix régions, le vote s’est déroulé « sans incident majeur ».

Rappelons qu’Issa Tchiroma s’était déjà proclamé vainqueur de l’élection présidentielle du 12 octobre, qualifiant sa victoire d’« écrasante » et appelant les institutions à « ne pas se rendre ennemies du peuple ». Les résultats officiels sont attendus au plus tard le 26 octobre 2025.

Mahussé