Côte d’Ivoire
L’opposition appelle à un sursaut patriotique avant la présidentielle
À dix jours de la présidentielle du 25 octobre 2025, les députés des partis d’opposition ivoiriens (PDCI, PPA-CI et FPI) demandent l’arrêt immédiat d’un « processus électoral mortifère, antidémocratique et conflictuel » qui, selon eux, fracture la société ivoirienne.
Dans une déclaration rendue publique vendredi 17 octobre, ces parlementaires dénoncent la répression de la marche pacifique du 11 octobre 2025. Ils exigent la libération de toutes les personnes arrêtées et l’ouverture d’une enquête indépendante sur les décès survenus lors de cette manifestation. L’opposition appelle également à un « sursaut collectif et un courage patriotique » pour restaurer un véritable ordre républicain.
Les députés rappellent que la marche du 11 octobre avait été organisée après le refus du gouvernement d’engager un dialogue pour garantir une élection inclusive, transparente et apaisée. Selon eux, l’article 20 de la Constitution ivoirienne garantit « les libertés d’association, de réunion et de manifestation pacifique ». Ils soulignent que, contrairement aux marches organisées par le parti au pouvoir RHDP à Gagnoa et Korhogo, la manifestation de l’opposition a été sévèrement réprimée.
Le bilan de cette répression est lourd : près de 700 arrestations, de nombreux blessés et deux morts, dont un bébé de 2 ans asphyxié par le gaz lacrymogène et un jeune manifestant, Allouan Ernest, tué par balle à Bonoua.
L’opposition dénonce également des violences ciblées contre ses leaders. Le vice-président du PDCI, Noël Akossi Bendjo, a vu le portail de son domicile défoncé par un véhicule blindé, tandis que Pascal Affi N’Guessan, président du FPI et député en exercice, a été séquestré pendant plus de quatre heures par des éléments des forces de l’ordre, en violation de son immunité parlementaire.
Les députés exhortent les forces de défense et de sécurité à protéger la population dans un esprit républicain et appellent la communauté internationale à s’impliquer pour garantir une élection inclusive et éviter un chaos plus grave que les crises précédentes. Pour eux, la Côte d’Ivoire est aujourd’hui « à la croisée des chemins : soit elle s’enfonce dans la dictature, soit elle retrouve la voie de la liberté, de la justice et de la démocratie ».
Mahussé
Commentaires (0)
Soyez le premier à commenter cet article