Le docteur Mohamed Chakkali a annoncé le lancement du premier hôpital spécialisé dans le traitement de l’addiction, marquant selon lui « le début d’une nouvelle étape dans la prise en charge des maladies psychiques et chroniques ». Ce projet s’inscrit dans la stratégie du ministère de la Santé visant à moderniser la psychiatrie publique et à répondre à la hausse des cas de dépendance.

Pour le Dr Chakkali, cette initiative « n’est pas seulement médicale, mais aussi humaine et sociale ». Il a insisté sur la nécessité d’une approche globale combinant soins médicaux, accompagnement psychologique et réinsertion sociale, afin de mieux répondre aux besoins des patients souvent marginalisés.

Le ministère prévoit également de renforcer la formation du personnel médical et paramédical. Le responsable a rappelé que la formation en pédopsychiatrie n’a débuté qu’en 2018 et que le pays ne compte qu’une centaine de spécialistes, un nombre encore insuffisant face à la demande croissante. De nouvelles unités d’addictologie seront donc créées dans les hôpitaux publics.

Soulignant l’importance d’une approche multisectorielle, le Dr Chakkali a appelé à une collaboration entre les secteurs de la santé, de l’éducation, des affaires sociales et la société civile pour prévenir les conduites addictives dès le plus jeune âge. Plus d’un million de patients consultent chaque année les structures de santé mentale, un chiffre révélateur de l’urgence d’élargir l’offre de soins et d’améliorer l’accompagnement.

Selon le médecin, la création de ce premier hôpital spécialisé représente « un tournant sociétal » pour l’Algérie. Elle traduit la volonté des pouvoirs publics de lutter contre la stigmatisation des personnes dépendantes et de leur offrir des soins adaptés et continus. Cette initiative, conclut-il, ouvre « une nouvelle ère » pour la santé mentale, fondée sur la dignité, la prévention et l’espoir de guérison.


Mahussé