Le candidat du Front pour le Salut National du Cameroun (FNSC), Issa Tchiroma Bakary, a annoncé ce dimanche 19 octobre qu’il publierait prochainement ses tendances électorales pour la présidentielle du 12 octobre, basées sur les procès-verbaux (PV) signés dans les bureaux de vote. Selon son équipe, ces données couvriront 18 départements, soit près de 80 % de l’électorat national, et seront accompagnées de preuves documentées destinées à refléter fidèlement le vote des Camerounais.

Dès le 14 octobre, Tchiroma avait revendiqué la victoire face au président sortant Paul Biya, en lice pour un huitième mandat depuis 1982. Cette déclaration a été saluée par certains acteurs de l’opposition, tandis que le pouvoir, par l’intermédiaire du ministre de l’Administration territoriale, Atanga Nji Paul, l’a qualifiée d’« imposture » et de « comportement anti-républicain », rappelant que seule la Cour constitutionnelle est compétente pour proclamer les résultats officiels.

Parallèlement, Maurice Kamto, exclu de la présidentielle, a appelé au respect du choix des électeurs et à la retenue des autorités. Dans une déclaration consultée par APA, il a alerté sur les risques de tensions et de violences dans un contexte déjà marqué par la pauvreté, les conflits dans les régions du nord-ouest et du sud-ouest, ainsi que les attaques de Boko Haram dans l’extrême-nord. Selon lui, ceux qui cherchent à modifier la parole des urnes sont une menace directe pour l’ordre public.

Le Conseil électoral a confirmé la mise en place de la Commission nationale de recensement général des votes, chargée de centraliser et de publier les résultats officiels, attendus d’ici le 26 octobre. La publication des tendances par Tchiroma Bakary pourrait ainsi accentuer la pression politique et médiatique sur ce processus, en attendant la confirmation officielle des résultats.

Mahussé