L’ancien président de la République, Boni Yayi, est sorti de son silence ce lundi 3 novembre 2025. Dans un message adressé à ses partisans, il s’oppose au projet de loi portant révision de la Constitution, déposé par les députés Aké Natondé et Assan Seibou, proches de la mouvance présidentielle.

Le texte, jugé recevable par la Commission des lois présidée par Orden Alladatin, prévoit la création d’un Sénat. Cette institution serait composée d’anciens présidents d’institutions de la République. Elle aurait pour mission de renforcer la cohésion nationale, la paix sociale et le développement durable. Boni Yayi s’oppose catégoriquement à cette initiative. Il affirme qu’il ne fera « partie de cette institution comme membre de droit » et qu’il ne saurait « cautionner un projet dont le dessein véritable semble être de modifier la nature même du régime politique ». Pour l’ancien chef de l’État, la création d’un Sénat n’est ni opportune ni conforme aux principes démocratiques. Il estime qu’elle mettrait en péril la séparation des pouvoirs et servirait des intérêts particuliers plutôt que l’intérêt général.

Dans son message, il lance un appel direct aux députés de son parti Les Démocrates. Il les invite à rejeter la proposition de révision constitutionnelle. « En agissant ainsi, ils honoreront leur serment d’artisans de la restauration de la démocratie au Bénin », écrit-il.

Pour que le projet soit adopté, il faut au moins 88 voix à l’Assemblée nationale. Or, la mouvance présidentielle ne dispose pour l’heure que de 81 sièges. L’issue du vote reste donc incertaine.

Lors de la séance plénière de ce lundi, six députés de l’opposition ayant récemment quitté leur parti ont voté en faveur du rapport d’activités du président du Parlement, Louis Vlavonou. Les 22 députés Les Démocrates l’ont, eux, rejeté. Les prochaines heures seront décisives pour connaître l’orientation que prendra l’Assemblée nationale.