TOURNÉE DE VULGARISATION DE LA NOUVELLE CONSTITUTION DU BÉNIN
Louis G. Vlavonou et plusieurs personnalités échangent avec les forces vives de Pobè
Le Président Louis Vlavonou et le ministre Janvier YAHOUEDEHOU
Les populations de Pobè ont reçu, ce lundi 24 novembre 2025, une délégation composée de parlementaires, de membres du Conseil économique et social et de représentants du gouvernement. À la faveur de cette sortie, le gouvernement entend expliquer à la population les changements contenus dans la nouvelle Constitution adoptée par voie parlementaire. Plusieurs autorités ont pris part à la rencontre. Entres autres, le maire de Pobè, Simon Dinan ; le ministre conseiller Janvier Yahouedehou ; le préfet du Plateau, Valère Sètonnougbo ; le premier secrétaire général du gouvernement, Benjamin Dako ; et la coordonnatrice départementale du CES, Awaou Bissiriou. Le président de l’Assemblée nationale, Louis G. Vlavonou, a accompagné l’équipe et répondu aux préoccupations des citoyens. Il a été d’un grand appui grâce à des explications pertinentes apportées aux questions des participants. Le Président Louis Gbèhounou Vlavonou a notamment expliqué les raisons fondamentales du choix de la voie parlementaire pour procéder à la révision de la Constitution : « C'est pour des raisons de rationalité et pour faire des économies au pays. Les élections coûtent trop cher », a-t-il indiqué.
Dans son intervention, le préfet a invité la population à poser des questions : « J’invite les participants à écouter et à s’informer », a-t-il déclaré. À sa suite, le maire Simon Dinan a salué cette démarche et souhaité la bienvenue aux hôtes. Le ministre conseiller Janvier Yahouedehou a rappelé que « le pays a pris son envol » et que les institutions doivent suivre cette dynamique. Les explications techniques ont été apportées par Benjamin Dako, qui a insisté sur la nécessité de renforcer la stabilité des institutions et d’améliorer l’efficacité de l’action publique. Parmi les points majeurs exposés figure la création du Sénat. Cette nouvelle chambre aura pour mission de protéger la paix nationale et d’éviter les dérives politiques. Elle sera composée de personnalités expérimentées, dont d’anciens responsables d’institutions.
S’agissant de la durée des mandats, elle passe de cinq à sept ans pour le Président de la République, les députés et les élus locaux. Le mandat présidentiel reste limité à deux. Selon le gouvernement, ce rallongement des cycles doit réduire les tensions politiques et permettre une meilleure continuité des projets de développement. La réforme consacre également une « trêve politique » : les partis devront éviter les confrontations permanentes en dehors des périodes électorales. Autre décision, la fin de la transhumance parlementaire : tout député quittant son parti perdra son siège.
Les réformes introduites et ce qu’il faut réellement comprendre
L’objectif de cette révision est de renforcer la stabilité institutionnelle, de consolider la démocratie et d’accélérer le développement du pays. Présentée à la population, cette réforme est défendue comme un tournant important pour l’unité nationale et l’efficacité de l’action publique.
Parmi les acquis exposés au cours de cette séance de vulgarisation, la création du Sénat apparaît comme la réforme phare. Cette nouvelle institution, composée de personnalités reconnues pour leur expérience et leur sagesse, aura pour mission de veiller à la stabilité politique, au respect de l’éthique des acteurs, à la défense des intérêts supérieurs de la Nation et à la continuité de l’État. Elle disposera du pouvoir de bloquer certaines lois jugées dangereuses pour la paix et l’unité nationales. À travers le choix porté sur les anciens présidents, anciens responsables institutionnels et autres personnalités éminentes, le pays entend désormais capitaliser sur des compétences jusqu’ici sous-exploitées.
La réforme prévoit également le passage de la durée des mandats électifs de cinq à sept ans pour le Président de la République, les députés et les élus locaux. Cette évolution est justifiée par la nécessité, dans un pays en pleine construction, de disposer de cycles d’action publique plus longs afin de garantir l’efficacité et la maturité des projets mis en œuvre au bénéfice des populations. Le mandat présidentiel reste toutefois limité à deux, tandis que les autres mandats demeurent renouvelables sans restriction. Selon les explications données, cette mesure permettra de réduire l’instabilité politique liée à des élections fréquentes et générera des économies significatives.
Une autre innovation est l’instauration d’une « trêve politique ». Entre deux périodes électorales, les partis sont tenus de participer à la vie nationale de manière responsable, en privilégiant la critique constructive plutôt que la confrontation permanente. Les campagnes déguisées ou la recherche de tensions politiques en continu seront interdites. L’objectif est de mettre fin à une culture de rivalité systématique, source de blocages et d’entraves au développement, afin que l’intérêt national reste la priorité commune.
Enfin, la réforme constitutionnelle marque la fin de la transhumance politique au Parlement. Désormais, tout député qui quitte volontairement le parti ayant porté sa candidature aux élections législatives perd automatiquement son mandat. Cette mesure répond à une forte demande populaire visant à protéger la fidélité aux engagements électoraux et la stabilité des partis, régulièrement fragilisés par les changements opportunistes.
Dans l’ensemble, le message délivré à la population est celui d’une réforme pensée pour consolider les bases de la démocratie béninoise. Cette dynamique permettra de poursuivre sereinement le développement du pays, en responsabilisant davantage les acteurs politiques et en préservant les intérêts du peuple.
Adam HOUETENON
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