La Guinée-Bissau s’enfonce dans l’incertitude après la présidentielle du week-end. Deux camps affirment avoir remporté l’élection avant même la publication des résultats officiels. L’indépendant Fernando Dias, considéré comme le principal rival, assure que son équipe dispose déjà des chiffres finaux. Il estime avoir gagné dès le premier tour et affirme obtenir un net avantage dans la plupart des régions. Son entourage dénonce en parallèle des tentatives d’ingérence dans le comptage des voix.

Face à lui, le camp du président sortant Umaro Sissoco Embalo revendique aussi une victoire sans second tour. Son porte-parole, Oscar Barbosa, a déclaré à Bissau que les données collectées par leur équipe confirment la réélection du chef de l’État.

La commission électorale, qui doit publier les résultats définitifs d’ici jeudi, appelle à la retenue. Elle met en garde électeurs, partis, candidats, coalitions et médias contre toute proclamation anticipée. Une coalition d’observateurs, dont ceux de la CEDEAO et de l’Union africaine, encourage également toutes les parties à attendre la communication officielle.

Près de la moitié des 2,2 millions d’habitants étaient inscrits sur les listes électorales et la participation aurait dépassé 65 %. Douze candidats étaient en lice, mais la bataille semble se concentrer entre Embalo et Dias. Ce dernier bénéficie du soutien de l’ancien Premier ministre Domingos Simoes Pereira, figure du PAIGC, disqualifié cette année après un dépôt jugé tardif.

Depuis 2020, plusieurs tentatives de renversement ont visé Embalo, signe des tensions profondes qui traversent la vie politique. Le pays, suivi par plus de 200 observateurs internationaux, attend désormais une annonce officielle susceptible de déterminer la suite de la transition politique.


Mahussé