Les relations entre le Niger et le Bénin se détériorent davantage après l’expulsion d’un diplomate béninois de Niamey et la suspension annoncée des activités de l’ambassade du Bénin, sur fond de soupçons sécuritaires persistants.

Niamey a déclaré persona non grata Seidou Imourana, Premier conseiller à l’ambassade du Bénin, avec obligation de quitter le territoire sous 48 heures. Les autorités nigériennes invoquent le principe de réciprocité, sans détailler les griefs retenus contre le diplomate.

Cette mesure intervient après l’expulsion par Cotonou du chef d’antenne des services de renseignements nigériens et d’une commissaire de police en poste à l’ambassade du Niger au Bénin. Les deux agents sont soupçonnés d’activités subversives, selon plusieurs sources.

En réaction, l’ambassade du Bénin à Niamey a annoncé la suspension de ses services à compter du 5 janvier 2026. La représentation diplomatique évoque des contraintes indépendantes de sa volonté et assure que la communauté béninoise sera informée d’une éventuelle reprise.

Cette nouvelle escalade survient dans un climat régional déjà tendu. Elle intervient après une tentative de coup d’État attribuée au lieutenant-colonel Pascal Tigri, qui a ravivé les suspicions dans la sous-région, malgré l’absence de preuves officielles établissant une implication directe du Niger.

Depuis le renversement du régime nigérien en juillet 2023, les relations entre Niamey et Cotonou restent marquées par une profonde méfiance. Le général Abdourahamane Tiani accuse régulièrement le Bénin de servir de base à des actions hostiles, en lien avec la France. Des accusations rejetées par les autorités béninoises, qui privilégient l’option du dialogue.