Diplomatie
Bamako et Ottawa relancent la coopération éducative
Le Mali et le Canada ont réaffirmé leur volonté de renforcer leur coopération dans le secteur de l’éducation. Le ministre malien de l’Éducation nationale, Amadou Sy Savané, a reçu le 7 janvier 2026 à Bamako la chargée d’affaires de l’ambassade du Canada, Lee-Anne Herman, dans un contexte marqué par l’insécurité et la fermeture massive d’écoles.
Les échanges ont porté sur l’état des programmes éducatifs soutenus par le Canada et sur les priorités du système scolaire malien. Les autorités ont évoqué les défis liés aux violences persistantes, qui affectent fortement l’accès à l’éducation, notamment dans les régions du centre et du nord du pays.
Selon les données du Cluster Éducation, plus de 2 000 écoles étaient non fonctionnelles en 2025 en raison de l’insécurité. Cette situation a privé environ 610 000 élèves de scolarité, accentuant les inégalités éducatives et les risques de décrochage scolaire.
Partenaire historique du Mali, le Canada a consacré plus de 1,8 milliard de dollars canadiens à l’aide au développement depuis le début des années 2000. Cette assistance a concerné plusieurs secteurs clés, dont l’éducation, la santé et la gouvernance. Dans le contexte politique actuel, Ottawa a toutefois suspendu son soutien budgétaire direct à l’État malien.
Cette suspension n’a pas mis fin à l’engagement canadien dans les secteurs sociaux. L’aide humanitaire et les programmes de développement se poursuivent à travers des partenaires multilatéraux et des organisations non gouvernementales. Dans le domaine éducatif, l’appui canadien cible l’éducation en situation d’urgence, la scolarisation des enfants déplacés, la formation des enseignants et la promotion de l’éducation des filles.
Le Canada intervient également en coordination avec des agences internationales, dont l’UNICEF, qui met en œuvre des initiatives visant à maintenir un accès minimal à l’éducation dans les zones affectées par l’insécurité. Ces actions incluent des espaces temporaires d’apprentissage, des programmes de rattrapage scolaire et des mécanismes de réintégration des élèves.
Des organisations non gouvernementales canadiennes complètent cet engagement par des appuis ciblés, notamment la fourniture de matériel scolaire, des solutions de formation à distance et un accompagnement des communautés affectées, sans passer par un financement direct des autorités centrales.
Cette rencontre s’inscrit dans une dynamique de suivi de la coopération éducative entre Bamako et Ottawa, alors que le système scolaire malien reste confronté à des défis structurels majeurs. Pour les acteurs du secteur, la coordination avec les partenaires internationaux demeure essentielle pour limiter l’impact de la crise sécuritaire sur l’éducation des enfants.
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