Algérie
Tebboune relance la réconciliation et la politique de la main tendue
À l’occasion de Yennayer, le président algérien Abdelmadjid Tebboune a annoncé la régularisation de ressortissants algériens en situation irrégulière à l’étranger, en particulier des jeunes confrontés à des difficultés administratives. Selon le communiqué du Conseil des ministres, ces régularisations sont conditionnées à l’engagement de « ne pas récidiver ».
Présentée comme un geste humanitaire et un appel à l’unité nationale, cette initiative s’inscrit dans une tradition politique de réconciliation, évoquant la loi de la Rahma et le traitement des anciens militants du MAK réintégrés dans le pays. Le discours officiel met en avant la détresse sociale des jeunes à l’étranger, tout en soulignant la stabilité et l’autorité de l’État face à des forces extérieures supposées déstabilisatrices.
Cependant, cette lecture officielle occulte des facteurs socio-économiques persistants, tels que le chômage élevé et le manque de perspectives économiques, qui motivent une émigration massive. Les grands projets industriels et miniers évoqués par le président contrastent avec ces réalités et révèlent les limites des gestes symboliques face aux problèmes structurels.
La « main tendue » apparaît donc à double lecture : un soutien administratif réel pour certains citoyens, mais aussi un outil de narration politique visant à renforcer l’autorité de l’État et à consolider le récit national. Sans réformes profondes ni ouverture politique, cette initiative pourrait rester avant tout symbolique face aux fractures sociales et économiques de l’Algérie.
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