Le mouvement tunisien Ennahdha a vivement dénoncé les jugements prononcés dans l’affaire dite du « complot contre la sûreté de l’État 2 », qualifiant ces décisions de politiquement motivées. Plusieurs de ses dirigeants et autres accusés ont écopé de peines de prison allant de trois à trente-cinq ans.

Ces condamnations ont été rendues par la chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme près la Cour d’appel de Tunis. Dans un communiqué publié mardi, Ennahdha dénonce ce qu’il considère comme une instrumentalisation de la justice à des fins politiques. Le parti souligne que son président, Rached Ghannouchi, a refusé de comparaître tant en première instance qu’en appel, rejetant le procès à distance qu’il estime contraire au droit à la défense et aux garanties d’un procès équitable.

Selon le mouvement, ces verdicts s’inscrivent dans une dynamique visant plusieurs figures de l’opposition, dépassant selon lui le cadre strictement judiciaire pour servir une logique de marginalisation politique.

Les accusations retenues contre les dirigeants et cadres d’Ennahdha incluent la constitution d’une organisation liée à des crimes terroristes, l’incitation à la violence et à l’homicide, ainsi que le complot contre la sûreté intérieure de l’État. Le dossier mentionne également des actes préparatoires pour modifier la forme de l’État et l’utilisation du territoire tunisien et étranger pour recruter et former des individus en vue de commettre des actes terroristes.

Ennahdha estime que la sévérité des peines et le déroulement de la procédure illustrent une justice d’exception, déconnectée des standards d’un procès équitable. Le mouvement appelle à interpréter ces condamnations dans leur dimension politique, y voyant un nouvel épisode d’un bras de fer prolongé entre le pouvoir et ses opposants, susceptible d’aggraver la crise institutionnelle et politique en Tunisie.