La Commission électorale nationale autonome (CENA) a clos la phase de retrait des formulaires de parrainage pour l’élection présidentielle et les élections générales de 2026. Débutée le 2 septembre, cette opération s’est déroulée sur deux semaines. Elle  a connu une mobilisation soutenue des députés et maires, tous venus récupérer le document indispensable pour parrainer les futurs candidats.

La cérémonie de clôture a été l’occasion pour le président de la CENA, Sacca Lafia, de dresser un bilan provisoire des avancées. Face à la presse, il a rappelé la tradition de transparence de l’institution. « À chaque étape importante, nous faisons un point. Ce soir, nous venons clôturer la remise des formulaires de parrainage et partager les progrès réalisés », a-t-il déclaré. Depuis plusieurs mois, la CENA suit une feuille de route stricte. Plusieurs jalons ont déjà été franchis. Entre autres, l’élaboration du budget électoral, publication du calendrier, réception des statistiques provisoires de la liste électorale, travaux de journalisation des arrondissements, lancement d’une plateforme e-learning sur le cadre juridique des élections. À cela s’ajoute la mise en place de nouveaux outils numériques, dont le système d’e-recrutement des agents électoraux et l’e-parrainage, innovation majeure qui a marqué cette étape.

Pour la première fois, l’intégralité du processus de retrait et de gestion des parrainages a été digitalisée. L’outil e-parrainage a permis de sécuriser et de fluidifier les opérations. « Je me réjouis de vous annoncer que les 109 députés et les 77 maires ont tous retiré leurs formulaires. Les derniers sont venus cet après-midi », a confirmé Sacca Lafia. Ce dispositif a été unanimement salué par les élus. La rapidité, la fiabilité et la transparence ressortent des impressions recueillies.

Appréciation des députés et maires

Dans les couloirs de la CENA, le sentiment général est celui de la satisfaction. Le maire de Cotonou, Luc Atrokpo, a estimé que l’efficacité du dispositif mérite d’être soulignée. Selon lui, « tout est allé vite et bien », un constat qu’il espère voir se maintenir jusqu’au terme du processus. La députée Chantale Ahyi a, pour sa part, insisté sur la dimension de cet acte. Une fois son formulaire en main, a-t-elle indiqué, son parti pourra lancer les consultations internes en vue de la désignation de leur candidat. « Nous savons que le choix portera sur une personnalité au profil solide, capable de porter un projet structuré pour le pays », a-t-elle confié. À Sakété, le maire Nestor Idohou a parlé d’un « moment de fierté ». Retirer ce document, a-t-il expliqué, « ce n’est pas seulement parrainer un candidat, c’est aussi inscrire son nom dans l’histoire ». Pour lui, participer à ces élections générales, les premières du genre au Bénin, constitue une responsabilité inédite.

D’autres élus ont également appuyé la portée de l’exercice. Le maire de Bopa, Abel Djossou, a rappelé que parrainer un candidat « engage une responsabilité importante », puisqu’il faut prendre en compte le programme de société de celui qui sollicite ce soutien. Le député Sanni Innocent Sabi Yo a, de son côté, salué « l’accueil sans faille » et la rapidité du retrait, réalisé en quelques minutes seulement.

Certains leaders politiques en ont profité pour réaffirmer leur soutien à leur candidat. Le président de l’Assemblée nationale, Louis Vlavonou, n’a pas caché sa conviction. Pour lui, le choix du ministre de l’Économie et des Finances par son parti constitue un atout. « Je ne vois pas encore qui pourrait le battre », a-t-il lancé. Une position partagée par Barthélémy Kassa, qui a insisté sur l’importance du parrainage pour crédibiliser les candidatures et, par ricochet, le scrutin lui-même.

Le parrainage est une étape du processus électoral béninois depuis la réforme du système partisan. Pour les élections générales de 2026, il prend une dimension particulière. C’est la première fois que le pays organise en une seule séquence la présidentielle, les législatives et les communales. Les élus, en retirant leur formulaire, ne se contentent pas d’une simple formalité. Ils posent un acte politique lourd de conséquences. Ce document, en effet, conditionne la candidature des prétendants à la magistrature suprême et scelle les choix stratégiques des partis.

Les innovations à venir, une dynamique collective

Au-delà du parrainage, la CENA poursuit sa stratégie de modernisation. Dans les prochaines semaines, une nouvelle version de la plateforme e-déclaration sera lancée. Elle permettra une gestion intégrale et dématérialisée des candidatures. Autre innovation annoncée est la digitalisation du processus d’accréditation des observateurs électoraux. Les demandes, le suivi des dossiers et la génération des titres sécurisés seront désormais gérés en ligne.

Les mois d’octobre et de novembre seront consacrés à l’enregistrement et au traitement des candidatures pour la présidentielle et les législatives.

Le Président Sacca Lafia a conclu son allocution en rendant hommage à l’ensemble des acteurs impliqués. « La réussite de la CENA est le fruit d’un effort collectif. Je salue la collaboration des partis, la contribution des ministères, de l’ANIP, de la société civile, et bien sûr, l’accompagnement de la presse. »

Les élus, quant à eux, sont repartis avec leur formulaire en poche. Un document qui, au-delà de la procédure, représente la responsabilité de préparer le pays à une échéance historique.