Politique
Turquie : le Président Erdogan estime que la création d’un État palestinien reste illusoire tant qu’Israël n’est pas freiné
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé, samedi, à Istanbul que la reconnaissance internationale de la Palestine demeurerait inachevée tant qu’Israël poursuivrait ses actions militaires. Il a réclamé la comparution immédiate du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu et de son gouvernement, qu’il a qualifiés de « cadre génocidaire ».
Intervenant au Forum de diplomatie du Bosphore, le chef de l’État turc a salué les récentes reconnaissances diplomatiques de la Palestine, qu’il a jugées « tardives » mais significatives. Il a cependant déploré que ces initiatives surviennent après la perte de « 65 000 vies innocentes », soulignant l’inaction de la communauté internationale.
Erdogan a également fustigé le discours de Netanyahu à l’ONU, prononcé devant une salle largement désertée en signe de protestation. Selon lui, les institutions internationales créées après la Seconde Guerre mondiale, et notamment le Conseil de sécurité, ont perdu leur crédibilité en échouant à prévenir les catastrophes humanitaires.
Le président turc a dénoncé l’aggravation de la crise à Gaza, où il accuse Israël d’utiliser la faim comme arme de guerre. « Ceux qui réduisent la question de Gaza au Hamas réalisent peu à peu que la situation dépasse largement ce cadre », a-t-il affirmé. Erdogan a réitéré que, malgré l’indifférence internationale, la Türkiye poursuivra ses efforts en faveur d’une paix durable au Moyen-Orient.
Sur le plan sportif, il a soutenu l’appel à exclure Israël de la Coupe du monde 2026. La Fédération turque de football a déjà saisi la FIFA et l’UEFA en ce sens, demandant l’interdiction d’Israël dans toutes les compétitions internationales.
Le président turc a enfin exprimé son soutien à la Flottille internationale Sumud, composée d’une cinquantaine de navires transportant de l’aide humanitaire vers Gaza, malgré le blocus israélien. Il a salué le courage de ses passagers, confrontés selon lui au « terrorisme d’État israélien ».
Mahussé B. A.
Commentaires (0)
Soyez le premier à commenter cet article