Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a reçu Fateh Boutbig, chef du parti Front El-Moustakbel, dans le cadre des consultations qu’il mène régulièrement avec les formations politiques. Derrière ce discours d’ouverture, de nombreux observateurs voient surtout un processus verrouillé où l’exécutif conserve un contrôle strict sur l’agenda national.

À l’issue de l’entretien, Fateh Boutbig a salué la disponibilité du chef de l’État au dialogue et appelé la classe politique ainsi que la société civile à « renforcer le front interne ». Il a également réaffirmé son soutien au programme présidentiel, présenté comme une feuille de route de réformes destinée à impliquer davantage la jeunesse.

Cette rencontre s’inscrit dans une série d’audiences similaires organisées ces derniers mois au palais d’El-Mouradia. Le président Tebboune a déjà échangé avec les dirigeants du FLN, du RND, du MSP, du mouvement El-Bina, du FFS ou encore du parti Sawt Echaâb. La plupart de ces entretiens sont sollicités par les partis eux-mêmes et se concluent presque toujours par des déclarations de soutien au pouvoir, alimentant l’idée d’un pluralisme largement de façade.

Parallèlement, le gouvernement prépare une révision des codes communal et de wilaya, ainsi que des lois sur les partis politiques et le système électoral. Ces réformes, menées sans véritable débat public, suscitent des critiques. Elles sont perçues par une partie de l’opinion comme des instruments visant à resserrer l’emprise de l’exécutif plutôt qu’à élargir l’espace démocratique.

Pour plusieurs analystes, le contraste reste marqué entre la rhétorique d’ouverture affichée par Tebboune et la réalité d’un système politique dominé par le pouvoir central, où la participation citoyenne demeure limitée. Les audiences successives apparaissent davantage comme une mise en scène d’un consensus que comme un processus inclusif de réformes.

Mahussé B. A.