Gouvernance et démocratie en Afrique
La recherche parlementaire au service des citoyens
Dr Fatahou Djima, Directeur de l’Institut parlementaire du Bénin (IPaB)
Pendant trois jours, Cotonou a accueilli le Forum Evidence 2025. Du 30 septembre au 2 octobre, le Golden Tulip Le Diplomate a réuni plus de 230 participants venus de divers pays africains autour d’une même idée. Renforcer la décision publique grâce aux données probantes.
L’événement est organisé par Africa Evidence Network (AEN) et le Centre Africain pour le Développement Équitable (ACED). Dans son mot d’ouverture, le directeur exécutif de l’ACED, Fréjus Thoto, a rappelé que c’est la première fois qu’un pays francophone accueille ce forum. Selon lui, le choix du Bénin illustre son rôle pionnier dans l’utilisation des données probantes. La présidente de l’AEN, Dr Rhona Mijumbi, a présenté les attentes de ce rendez-vous international. Elle a insisté sur la création de synergies entre chercheurs, décideurs publics et communautés de pratique.
Le directeur de l’Institut parlementaire du Bénin (IPaB), Dr Fatahou Djima, a porté la voix de la recherche parlementaire. Pour lui, ce forum dépasse le cadre académique. « C’est un espace stratégique pour réfléchir à la manière dont la science peut mieux servir l’action publique et renforcer la légitimité de nos institutions », a-t-il déclaré. Il a souligné le rôle du Parlement. « Producteur de lois, contrôleur de l’action gouvernementale et représentant des citoyens, il doit s’appuyer sur des analyses et des recherches indépendantes », a-t-il ajouté.
Docteur Fatahou Djima est revenu sur la création de l’IPaB en 2019. L’institut fournit aux députés des études d’impact, des notes techniques et des synthèses documentaires pour appuyer leur travail. « L’IPaB est une réponse institutionnelle à la nécessité de légiférer avec rigueur, de contrôler avec discernement et de représenter avec responsabilité », a-t-il expliqué.
Le Forum Evidence 2025 ambitionne de renforcer la collaboration en matière de prise de décision fondée sur des données probantes. Les organisateurs mettent en avant plusieurs résultats attendus : partage de connaissances, participation accrue des jeunes leaders, et meilleure visibilité de l’AEN au niveau mondial.
Pour la première fois, l’événement est bilingue, en français et en anglais. Une manière d’élargir l’inclusion et d’impliquer davantage d’acteurs du continent. À Cotonou, l’enjeu reste de bâtir un espace où la recherche éclaire la loi, où les données soutiennent la démocratie, et où les citoyens retrouvent confiance dans leurs institutions.
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