Près de quinze ans après son arrivée au pouvoir, le président Alassane Ouattara dresse le bilan d’un parcours économique qu’il qualifie de « transformation historique ». Sous son leadership, la Côte d’Ivoire est passée d’une économie fragilisée à l’une des plus dynamiques du continent, affichant une croissance moyenne de plus de 6 % sur la dernière décennie.

Entre 2012 et 2019, le pays a connu une croissance annuelle dépassant les 8 %, soutenue par la stabilité politique, les réformes budgétaires et la diversification de l’économie. En 2024, la Côte d’Ivoire a attiré 3,8 milliards de dollars d’investissements directs étrangers, devenant le troisième pays africain le plus attractif après l’Égypte et l’Éthiopie.

Le chef de l’État ivoirien met en avant les avancées dans la transformation des matières premières et le développement du secteur extractif. L’exploitation du gisement pétrolier offshore « Baleine » a permis d’atteindre 60 000 barils/jour en 2024, avec l’objectif de tripler ce volume d’ici 2027. Dans le domaine minier, la production d’or est passée de 5 tonnes en 2010 à 58 tonnes en 2024, portée par de nouveaux gisements comme celui de Lafigué.

La diversification s’est aussi manifestée dans l’agriculture, avec la filière de l’anacarde dont la production dépasse aujourd’hui 1,2 million de tonnes, soit près de 40 % du marché mondial. La transformation locale a généré plus de 18 000 emplois, majoritairement féminins.

Sur le plan social, le gouvernement revendique la création de 2,8 millions d’emplois entre 2011 et 2019, mais le défi du chômage des jeunes reste majeur, avec 400 000 nouveaux arrivants chaque année sur le marché du travail. La stratégie « Vision 2030 » ambitionne la création de huit millions d’emplois supplémentaires, en misant sur les PME, les zones industrielles et les grands chantiers publics.

Le taux de pauvreté, qui dépassait 50 % en 2011, a reculé à 37,5 % en 2021 et devrait passer à 34 % en 2025, selon la Banque mondiale. Le gouvernement vise à le réduire sous les 20 % d’ici 2030 grâce au nouveau Plan national de développement (PND 2026-2030).

Avec un revenu par habitant estimé à 2 700 dollars en 2025, contre 1 700 dollars en 2010, la Côte d’Ivoire veut franchir la barre des 4 000 dollars d’ici 2030 pour accéder à la catégorie des pays à revenu intermédiaire supérieur. Pour Alassane Ouattara, le défi à venir sera de rendre cette croissance plus inclusive, à travers l’éducation, la formation et une gouvernance renforcée.


Mahussé B. A.