Le ministère éthiopien des Affaires étrangères accuse le gouvernement érythréen et le Front populaire de libération du Tigré (TPLF) de s’allier pour « déclarer la guerre » contre l’Éthiopie. Selon Addis Abeba, cette collaboration impliquerait le soutien à l’offensive récente des groupes armés « Fano » dans la région d’Amhara, menée sous l’égide d’une alliance appelée « Tsimdo ».

Dans une lettre adressée au Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, le ministre éthiopien Gedion Timothewos affirme que la collusion entre l’Érythrée et le TPLF s’est intensifiée ces derniers mois. Il accuse les deux acteurs de financer, mobiliser et diriger des groupes armés pour étendre le conflit, en violation de l’Accord de paix de 2022 signé à Pretoria entre le gouvernement fédéral et le TPLF.

Le ministère éthiopien précise que les Forces de défense nationale (ENDF) ont maintenu une posture défensive et fait preuve de « retenue maximale », tout en avertissant que cette prudence ne saurait être indéfinie. L’Érythrée est présentée comme le principal instigateur de ces tensions, accusée d’apporter un soutien financier, matériel et politique pour déstabiliser l’Éthiopie, sous prétexte d’une menace liée à la « quête d’accès à la mer » du pays voisin.

Le ministre Gedion Timothewos souligne toutefois que l’Éthiopie privilégie des solutions pacifiques et cherche à développer des mécanismes d’intégration économique bénéfiques pour les deux pays, malgré les provocations et la fragilisation du climat sécuritaire.


Mahussé B.A.