Le Togo a extradé vers le Burkina Faso l’ancien président de la transition, Paul-Henri Sandaogo Damiba. Réfugié à Lomé depuis sa chute en septembre 2022, l’ex-lieutenant-colonel est poursuivi à Ouagadougou pour des faits graves, dont une tentative d’assassinat visant le capitaine Ibrahim Traoré.

Le gouvernement togolais a confirmé l’opération par communiqué. L’extradition fait suite à une demande officielle des autorités judiciaires burkinabè transmise le 12 janvier 2026, peu après l’annonce du démantèlement d’un projet de déstabilisation du pouvoir en place à Ouagadougou.

Selon les autorités burkinabè, le complot déjoué prévoyait l’élimination du chef de l’État, soit par une attaque directe, soit par une action ciblant son domicile. Le plan incluait aussi la neutralisation d’une base de drones et une intervention terrestre menée par des forces extérieures. Paul-Henri Damiba est présenté comme le principal instigateur, chargé de la conception du projet, de la mobilisation des financements et du recrutement de civils et de militaires.

Les poursuites engagées contre lui portent notamment sur le détournement de deniers publics, l’enrichissement illicite, la corruption, l’incitation à la commission de crimes et délits, le recel aggravé et le blanchiment de capitaux. Les autorités de Ouagadougou évoquent également des flux financiers en provenance de l’étranger, dont une opération estimée à 70 millions de francs CFA.

Interpellé à Lomé le 16 janvier 2026 en exécution d’un mandat d’arrêt, Damiba a comparu le même jour devant la chambre d’instruction de la cour d’appel. Celle-ci a donné un avis favorable à son extradition, en s’appuyant sur les engagements internationaux du Togo, la réciprocité offerte par le Burkina Faso et les garanties fournies quant au respect de l’intégrité physique du prévenu, de ses droits à un procès équitable et de l’absence de peine de mort.

L’ancien chef de la transition a été remis aux autorités burkinabè le 17 janvier, selon un communiqué officiel daté du 19 janvier à Lomé.

Ce dossier n’est pas inédit. En septembre 2024, le ministre burkinabè de la Sécurité avait déjà annoncé le démantèlement d’un réseau de déstabilisation dans lequel le nom de Damiba apparaissait. Quelques semaines plus tard, un décret présidentiel l’avait radié des Forces armées nationales pour faute particulièrement grave, liée à des actions jugées contraires à la dignité militaire et aux intérêts du Burkina Faso.

Les autorités burkinabè assurent que les enquêtes se poursuivent et que toutes les personnes impliquées dans cette affaire répondront de leurs actes devant la justice.