Afrique centrale
La CEMAC adopte des mesures d’urgence pour assainir son économie
Les chefs d’État de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) ont décidé d’une série de mesures urgentes pour redresser la situation économique, financière et monétaire de la zone. Ces décisions ont été prises à Brazzaville au terme d’une session extraordinaire de la Conférence des chefs d’État.
Réunis sous la présidence de Denis Sassou-Nguesso, président en exercice de la Conférence, les dirigeants de la République du Congo, de la République centrafricaine, du Gabon et de la Guinée équatoriale, ainsi que des représentants du Cameroun et du Tchad, ont appelé à une mise en œuvre immédiate des engagements économiques pris avec le Fonds monétaire international.
Selon le communiqué final, les États membres sont invités à assurer la cohérence entre leurs lois de finances et les programmes soutenus par le FMI, à conclure rapidement les accords en négociation avec l’institution de Bretton Woods et à améliorer la production et la diffusion des statistiques relatives aux finances publiques.
À moyen terme, la Conférence a insisté sur le rapatriement dans l’espace CEMAC des avoirs détenus à l’étranger par les États ainsi que des recettes d’exportation des entreprises, en particulier celles du secteur extractif. Les chefs d’État ont également demandé la poursuite des discussions avec les compagnies pétrolières afin de rapatrier les fonds destinés à la restauration des sites d’exploitation.
Le renforcement du secteur bancaire figure aussi parmi les priorités, avec la réduction de l’exposition des banques au risque souverain. Les dirigeants ont appelé à accélérer la mise en place des comptes uniques des Trésors et à intensifier la digitalisation des finances publiques pour améliorer la transparence et l’efficacité de la gestion budgétaire.
Par ailleurs, la Conférence a réaffirmé son attachement à l’indépendance de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) et au rôle de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC). Elle a également souligné la nécessité de renforcer la Banque de développement des États de l’Afrique centrale (BDEAC) afin de soutenir le financement du développement et la transformation structurelle des économies de la sous-région.
Un mécanisme de suivi renforcé a été prescrit. Le Secrétariat du Programme des réformes économiques et financières de la CEMAC devra conduire des évaluations trimestrielles et produire un premier rapport avant les Assemblées de printemps du FMI et de la Banque mondiale prévues en 2026.
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