Fitch Ratings a confirmé la note souveraine de la Tunisie à « B- » avec perspective stable, tout en retirant le pays de sa liste de surveillance. Cette décision ne reflète pas une amélioration fondamentale de la situation économique tunisienne, mais résulte d’un ajustement méthodologique appliqué par l’agence.

La notation de la dette extérieure à long terme reste alignée sur celle de l’émetteur souverain. Fitch a attribué une note de recouvrement « RR4 » à la dette senior non garantie, indiquant que les perspectives de récupération en cas de restructuration restent moyennes. Selon l’agence, l’absence de mécanismes clairs protégeant les créanciers souverains limite l’attractivité de la Tunisie pour les investisseurs.

L’évaluation repose sur des critères de gouvernance et de risques souverains. Le score ESG (Relevance Score) de la Tunisie est de « 5 », signalant un impact négatif marqué de la faible stabilité politique, des droits civiques limités et d’une capacité institutionnelle modérée. Le pays se situe au 36ᵉ percentile des indicateurs de gouvernance de la Banque mondiale.

Fitch précise que toute amélioration de la note ne serait possible qu’en cas de réduction durable du déficit budgétaire et du ratio dette publique/PIB, accompagnée d’une hausse des réserves de change via un accès crédible aux financements extérieurs. À l’inverse, un défaut de maîtrise des besoins de financement ou une pression accrue sur les comptes extérieurs pourrait entraîner une dégradation.

En résumé, la confirmation de la note « B- » et la sortie de la liste de surveillance reflètent surtout la persistance des fragilités structurelles de l’économie tunisienne, sans amélioration tangible des fondamentaux économiques ou institutionnels.