Algérie
Le budget 2026 gonfle, mais les doutes persistent sur la mise en œuvre
Le gouvernement algérien a annoncé une hausse record du budget alloué au ministère de l’Intérieur et des Transports pour 2026. Malgré les milliards de dinars promis à la modernisation des infrastructures et au développement local, de nombreux analystes restent sceptiques sur la capacité de l’État à concrétiser ces ambitions.
Devant la Commission des finances de l’Assemblée populaire nationale, le ministre Saïd Sayoud a présenté un budget de 1 481 milliards de dinars en autorisations d’engagement, soit une hausse de 8,45 % par rapport à 2025. Les crédits de paiement atteignent 1 535 milliards, en progression de 10,55 %. Sur ce montant, 659 milliards de dinars seront consacrés aux collectivités locales, dont 140 milliards pour les projets de développement socio-économique et 519 milliards pour les missions courantes. Le secteur des transports bénéficiera de 90 milliards de dinars pour moderniser les réseaux ferroviaires, aéroportuaires et routiers.
Le gouvernement met en avant une volonté de « relance territoriale » et de « transformation numérique » de l’administration. Mais sur le terrain, les retards chroniques, la sous-exécution budgétaire et le manque de coordination entre collectivités continuent de freiner les projets. Les communes restent dépendantes de l’État central, privées d’autonomie fiscale et d’un cadre de gouvernance modernisé.
Saïd Sayoud promet une restructuration du maillage territorial et un renforcement des wilayas déléguées, mais le processus demeure centralisé à Alger. Aucune réforme structurelle n’est annoncée pour rendre la gestion locale plus transparente ou plus responsable.
Les programmes de transport, tels que la réhabilitation des gares routières dans 43 wilayas, la construction de nouvelles gares urbaines et l’installation de vidéosurveillance dans 46 ports, suscitent également des doutes. Beaucoup rappellent que plusieurs projets similaires ont connu des retards et des surcoûts sans réel impact sur la mobilité.
Le budget prévoit en outre 40,7 milliards de dinars de subventions aux entreprises publiques de transport, dont 20 milliards à la Société nationale des transports ferroviaires (SNTF) et 19 milliards à Air Algérie. Deux entités largement critiquées pour leur faible performance et leur dépendance chronique aux aides publiques.
En dépit des annonces ambitieuses, la concrétisation du budget 2026 reste donc suspendue à la capacité de l’État à rompre avec les lourdeurs administratives et à imposer une gestion plus efficace des fonds publics.
Mahussé
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